Sources :
Selectra, sur la base des chiffres du ministère des Solidarités et de la Santé au 24/07/2026, taux moyens non-pondérés de l'analyse la plus récente des réseaux disposant d'une analyse des PFAS au 24/07/2026.
Votre commune respecte-t-elle les seuils de PFAS ?
Tapez le nom de votre commune pour consulter sa fiche eau complète, incluant les derniers niveaux de PFAS connus sur son réseau.
Liste des communes qui dépassent le taux de PFAS
En matière de PFAS dans l’eau, la valeur limite réglementaire est fixée à 0,1 µg par litre d’eau du robinet. Les analyses de PFAS sont obligatoires depuis janvier 2026, mais leur généralisation à l’ensemble des réseaux est progressive : à ce jour, 10 486 réseaux d’eau potable, sur les 23 459 recensés en France, ont déjà publié un résultat portant sur la somme des 20 PFAS réglementés — les autres doivent encore s’y conformer. Ce contrôle des PFAS s’ajoute aux autres indicateurs suivis dans le cadre de la consommation d’eau des Français.
Les données présentées sur cette page sont issues du fichier officiel du contrôle sanitaire de l’eau potable, mis à disposition par l’État sur la plateforme des données publiques françaises. Les résultats sont ceux des dernières analyses réalisées pour cet indicateur. Lorsqu'une valeur est "inférieure à 0,001" ou "inférieure au SEUIL", nous la considérons comme valant zéro dans les moyennes.
Ce jeu de données, actualisé chaque mois, recense pour chaque réseau d’eau potable le dernier résultat d’analyse disponible concernant les PFAS. À noter qu’un même réseau peut alimenter une ou plusieurs communes, et qu’à l’inverse, une commune peut être desservie par plusieurs réseaux distincts.
Dans certains cas, les résultats publiés peuvent être antérieurs à deux mois. Cela s’explique par l’absence de nouveau prélèvement réalisé par le distributeur d’eau ou par l’Agence régionale de santé (ARS) permettant de remettre en cause la dernière analyse connue.
Les résultats sont qualifiés de « conformes » ou « non conformes » selon qu’ils respectent ou non la valeur limite réglementaire de 0,1 µg/L, fixée par l’Union européenne pour la somme de 20 substances PFAS.
À partir de ces données brutes, nous calculons des moyennes de concentration en PFAS à différentes échelles territoriales : nationale, régionale et départementale.
- Moyenne nationale : moyenne des concentrations en PFAS calculée à partir des communes ayant fait l’objet d’au moins un prélèvement, pondérée par le nombre de communes analysées ;
- Moyenne départementale : moyenne des concentrations en PFAS des communes du département disposant de données, pondérée par la population des communes concernées ;
- Moyenne régionale : moyenne des résultats départementaux au sein d’une région, chaque département étant pondéré en fonction du nombre de communes analysées.
Attention : certains prélèvements réalisés sur les réseaux d’eau potable peuvent ne pas apparaître dans les jeux de données en open data mis à disposition par l’État. Les résultats présentés correspondent donc aux informations publiquement disponibles à date.
Nous présentons ici les résultats d'analyse des PFAS les plus récents disponibles en open data, pour les réseaux d'eau concernés par un dépassement de la norme réglementaire en vigueur (soit 0,1 µg/L).
Focus : les 3 réseaux aux taux de PFAS les plus élevés en France
- Sur le réseau d’eau de JUVIGNY SUR LOISON, le taux de PFAS observé est de 3,7 µg/L, soit 37 fois le seuil réglementaire de 0,1 µg/L (dernier prélèvement : 01/06/2026).
- Sur le réseau d’eau de LOUPPY SUR LOISON, le taux de PFAS observé est de 3 µg/L, soit 30 fois le seuil réglementaire de 0,1 µg/L (dernier prélèvement : 08/06/2026).
- Sur le réseau d’eau de VILLY, le taux de PFAS observé est de 2,255 µg/L, soit 22,5 fois le seuil réglementaire de 0,1 µg/L (dernier prélèvement : 09/12/2025).
Face à un tel dépassement, le fournisseur d’eau a l’obligation d’alerter les autorités sanitaires, d’enquêter sur son origine et d’en informer les consommateurs : le détail de cette procédure est expliqué plus bas sur cette page.
Taux de PFAS élevé : l'usage de l'eau à des fins alimentaires est-il possible ?
Sur recommandations de l'ARS Grand Est, l'usage de l'eau du robinet à des fins alimentaires (et notamment dans la préparation des biberons) doit être suspendue jusqu'à nouvel ordre dans les communes suivantes :
- Dans les Ardennes, une douzaine de communes : Villy, Malandry, Blagny, Linay, Haraucourt, Bayonville, Beffu-et-le-Morthomme, Landres-et-Saint-Georges, Thénorgues, Imecourt, Verpel, et le Hameau de Sivry (Buzancy) ;
- Dans la Meuse, 4 communes : Juvigny-sur-Loison, Louppy-sur-Loison, Han-lès-Juvigny et Remoiville.
L’ARS Grand-Est précise néanmoins que les autres usages de l’eau du robinet (hygiène, cuisson et lavage) restent autorisés.
Pour établir la carte ci-dessous, nous avons calculé la moyenne des concentrations en PFAS mesurées sur l’ensemble des réseaux d’eau potable ayant réalisé des analyses, département par département. Certains départements, ne disposent, à ce stade, d’aucune analyse de PFAS publiée en open data.
Cette absence de données constitue en soi un sujet de vigilance. Depuis janvier 2026, les Agences régionales de santé (ARS) ont l’obligation de veiller à la mise en œuvre de ces contrôles afin de garantir un suivi sanitaire homogène des PFAS dans l'eau sur l’ensemble du territoire.
Les dernières analyses disponibles, réalisées sur l’ensemble des réseaux d’eau potable, montrent qu’aucun département ne présente de situation globalement non conforme : à l’échelle départementale, les concentrations moyennes en PFAS restent donc conformes au seuil réglementaire sur tout le territoire.
Cette moyenne départementale conforme ne veut pas dire que chaque réseau du département l’est aussi. Un département peut afficher un taux moyen conforme tout en comptant un ou plusieurs réseaux qui dépassent, à titre individuel, la norme réglementaire, car la moyenne est pondérée par la population et lisse les écarts entre réseaux.
Néanmoins, comme le montre la carte ci-dessous, un ou plusieurs départements présentent des taux moyens de concentration de PFAS qui frôlent la limite de 0,1 µg/L (> à 0,09 µg/L). Ils restent pour autant conformes aux réglementations en vigueur.
PFAS dans l'eau du robinet, département par département
Données ARS · analyses 2026La moyenne départementale ne dit rien de l'eau qui sort de votre robinet : deux réseaux d'une même commune peuvent afficher des résultats très différents. La carte donne le contexte national, la recherche donne la réponse pour votre commune.
Moyenne pondérée par la population desservie, calculée commune par commune puis agrégée par département — un réseau pouvant desservir plusieurs départements.
Renseignez votre commune pour voir vos réseaux de distribution et leurs résultats d'analyse PFAS — ou cliquez un département sur la carte.
La recherche de communes est momentanément indisponible. Utilisez la carte pour explorer par département.
Renseignez votre commune ci-dessus pour voir vos réseaux de distribution et leurs derniers résultats d'analyse.
Les données Hub'Eau sont momentanément indisponibles. Réessayez dans un instant.
Aucun résultat PFAS publié pour ce réseau sur les trois dernières années.
Source : ministère chargé de la Santé (données SISE-Eaux), publiées sur data.gouv.fr et mises à jour mensuellement. Accès via l'API Hub'Eau.
Voici la liste des départements pour lesquels aucun résultat d'analyse des PFAS n'a encore été publié au 24/07/2026 : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte.
Concentration des PFAS dans l’eau par région
En appliquant les mêmes calculs aux régions, les trois régions présentant les plus hauts taux de PFAS mesurés dans l’eau du robinet sont Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie.
Ce classement n’est pas figé : il évolue chaque mois avec les nouvelles analyses publiées, et il doit se lire avec une nuance importante. Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté comptent aussi parmi les régions où le plus grand nombre de réseaux n’ont pas encore transmis de résultat récent : une partie de leur moyenne plus élevée peut donc refléter le fait que les analyses y ont été concentrées près de sites déjà identifiés comme sensibles, plutôt qu’une contamination généralisée. Sur le terrain, des cas documentés existent : en Bourgogne-Franche-Comté, des dépassements ont été identifiés dès 2021 en aval d’installations industrielles en Haute-Saône, et quatre communes de la région dépassent aujourd’hui la norme européenne, d’après l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. En Auvergne-Rhône-Alpes, plus de 600 sites industriels sont soumis à une surveillance de leurs rejets en PFAS depuis un arrêté ministériel de juin 2023, d’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
À l’échelle régionale, les dernières analyses disponibles montrent qu’aucune région ne présente de situation globalement non conforme. Les concentrations moyennes en PFAS restent en-dessous des seuils réglementaires à l’échelle de chaque région.
Comme à l’échelle départementale, une région conforme en moyenne peut tout à fait compter des réseaux qui dépassent localement la norme réglementaire, la moyenne régionale lissant les écarts entre les différents réseaux qui la composent.
| Région | Taux moyen et nombre de communes testées |
|---|---|
| Bourgogne-Franche-Comté | 0,027 µg/L en moyenne (3080 / 3760 communes testées) conforme |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 0,026 µg/L en moyenne (3332 / 4100 communes testées) conforme |
| Occitanie | 0,024 µg/L en moyenne (3175 / 4500 communes testées) conforme |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 0,024 µg/L en moyenne (955 / 964 communes testées) conforme |
| Nouvelle-Aquitaine | 0,022 µg/L en moyenne (3781 / 4362 communes testées) conforme |
| Hauts-de-France | 0,021 µg/L en moyenne (1461 / 3806 communes testées) conforme |
| Île-de-France | 0,016 µg/L en moyenne (978 / 1292 communes testées) conforme |
| Grand Est | 0,013 µg/L en moyenne (4589 / 5123 communes testées) conforme |
| Centre-Val de Loire | 0,012 µg/L en moyenne (1491 / 1795 communes testées) conforme |
| Corse | 0,011 µg/L en moyenne (179 / 364 communes testées) conforme |
| Bretagne | 0,007 µg/L en moyenne (1121 / 1225 communes testées) conforme |
| Pays de la Loire | 0,006 µg/L en moyenne (1189 / 1346 communes testées) conforme |
| Normandie | 0,006 µg/L en moyenne (2009 / 2709 communes testées) conforme |
Les résultats sont présentés par ordre décroissant de concentration en PFAS. La moyenne régionale se base sur les résultats départementaux au sein de chaque région, chaque département étant pondéré en fonction du nombre de communes analysées.
De plus en plus de réseaux d’eau disposent de données sur les PFAS en France
Le graphique ci-dessous met en évidence une évolution nette de la surveillance des PFAS dans l’eau potable. Longtemps limitée, l’intégration de la mesure des PFAS dans les analyses s’est progressivement développée à partir de fin 2024, avant de s'intensifier au cours de l'année 2025 et de devenir obligatoire en janvier 2026.
Cette dynamique s’inscrit dans le contexte de la montée en charge des dispositifs de contrôle, à l’approche de l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2026, de l’obligation réglementaire de surveillance des PFAS. Les Agences régionales de santé (ARS) et les distributeurs d’eau ont ainsi élargi progressivement leurs programmes d’analyses afin d’anticiper cette échéance.
En pratique, le nombre de réseaux disposant de données de concentration en PFAS a augmenté en quelques mois, marquant un élargissement significatif du périmètre de surveillance. Cette évolution constitue un préalable essentiel pour mieux caractériser l’exposition des populations, comparer les situations locales et orienter, le cas échéant, les actions de suivi ou de correction.
Nombre de réseaux ayant publié une analyse des PFAS, par mois.
Données obtenues par le biais d'un calcul effectué par Selectra, sur la base des open data publiques disponibles à date.
PFAS : de quoi parle-t-on exactement ?
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) désignent une vaste famille de substances chimiques, qui compte aujourd’hui plusieurs milliers de composés, l’OCDE en liste 4730, mais la littérature sur le sujet en évoque bien plus. Elles sont utilisées depuis des décennies pour leurs propriétés de résistance à l’eau, aux graisses, aux taches et parfois à la chaleur. Cette stabilité chimique, recherchée dans de nombreux usages, explique aussi leur persistance dans l’environnement, à l’origine de leur surnom de « polluants éternels ». Ce même questionnement sur la qualité de l’eau du robinet se pose pour d’autres paramètres, comme la dureté de l’eau, ou pour son prix, qui varie lui aussi fortement d’une commune à l’autre.
Les PFAS sont employés comme revêtements ou additifs pour conférer des propriétés spécifiques à de nombreux produits : ustensiles de cuisine antiadhésifs, emballages alimentaires traités, textiles imperméables, mousses anti-incendie, ou encore certaines applications industrielles (nettoyage ultra-fin des surfaces des composants électroniques, traitements des composants exposés à de fortes contraintes thermiques dans l’automobile, additifs dans certains matériaux utilisés dans le bâtiment, etc.).
Leur efficacité technique explique leur diffusion rapide, parfois avant que leurs impacts sanitaires et environnementaux ne soient pleinement documentés.
Les PFAS sont aujourd’hui présents à l’échelle mondiale, mais des concentrations plus élevées sont régulièrement observées à proximité de sources identifiées : sites industriels utilisant ou ayant utilisé des PFAS, zones d’entraînement ou d’intervention utilisant des mousses anti-incendie (aéroports, bases militaires), ou encore secteurs impactés par des rejets historiques et des sols contaminés (Zwijndrecht en Belgique, Ronneby en Suède, Parkersburg aux États-Unis, etc.).
Du fait de leur mobilité, ces substances peuvent également se retrouver loin de leur point d’émission initial.
L’attention portée aux PFAS repose sur leur persistance et, pour certains d’entre eux, leur capacité à s’accumuler dans l’organisme. Les principales voies d’exposition de la population sont l’alimentation et, selon les territoires, l’eau destinée à la consommation humaine.
Les expertises sanitaires disponibles associent certaines expositions à des effets potentiels sur le cholestérol, le foie, les reins, la reproduction, le développement, ou encore le système immunitaire, le tout avec des niveaux de preuve variables selon les substances étudiées.
Les seuils applicables aux PFAS ont évolué au fil des avancées scientifiques et restent discutés. Plusieurs travaux suggèrent que certains effets sanitaires pourraient apparaître à des niveaux d’exposition inférieurs aux valeurs réglementaires actuelles, ce qui alimente les débats sur l’adéquation des normes et sur la nécessité d’une approche plus globale pour une famille de substances très hétérogène.
Le scandale de l’usine de Parkersburg du chimiste américain DuPont a révélé au public américain les risques associés aux PFAS grâce à une médiatisation importante et au film « Dark Waters » (2019). La société avait sciemment laissé s’accumuler dans l’environnement de son usine des PFAS alors qu’elle était consciente de leurs risques pour la santé. En France, le sujet est longtemps resté cantonné aux sphères scientifiques, réglementaires et industrielles. L’extension récente des contrôles et la publication progressive de données publiques participent toutefois à une meilleure visibilité du sujet.
Sources :
- Résultats du contrôle sanitaire de l’eau distribuée, commune par commune — data.gouv.fr, ministère des Solidarités et de la Santé, données au 24/07/2026 ;
- Les PFAS en Bourgogne-Franche-Comté — ARS Bourgogne-Franche-Comté ;
- La surveillance des rejets industriels de PFAS dans l’eau — ARS Auvergne-Rhône-Alpes ;
- Restrictions de consommation d’eau liées aux PFAS dans les Ardennes et la Meuse — ARS Grand Est ;
- loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS.